6 Juin 2012
Résumé : Nobody Owens est un petit garçon parfaitement normal. Ou
plutôt, il serait parfaitement normal s'il n'avait pas grandi dans un cimetière, élevé par un couple de fantômes, protégé par Silas, un être étrange ni vivant ni mort, et ami intime d'une
sorcière brulée vive autrefois.
Mais quelqu'un va attirer Nobody au-delà de l'enceinte protectrice du cimetière :le meutrier qui cherche à l'éliminer depuis qu'il est bébé.
Si tu savais, Nobody, comme le monde des vivants est dangereux...
Mon avis : Je n’ai pas tout de suite
réalisé qui était Neil Gaiman et surtout qu’il était le papa de Coraline, adapté par Henry Selick au cinéma il y a déjà quelques années.
Neil Gaiman est sans aucun doute un ami de Tim Burton, puisqu’ils sont
tous les deux dans des mondes oniriques et magiques, des mondes qui mélangent le gothique et le baroque, avec quelque chose de joyeux et de tendre. Un monde qui ne peut pas convenir à tous les
lecteurs je peux le concevoir.
Si vous n’aimez pas
Burton, vous n’aimerez pas ce livre.
Ce livre est à
la base un livre jeunesse, donc les sujets sont traités avec tact et beaucoup de poésie même si toute l’action (ou presque) se déroule dans un cimetière.
Dans ce cimetière, il y a bien évidemment des fantômes et des créatures
bizarres et magiques.
Et pourtant, Bod (petit surnom
de Nobody Owens) va y grandir, y vivre et y apprendre la vie… paradoxe le plus complet pour qui habite dans un tel endroit. Ce livre nous raconte, via des petites histoires plus ou moins
marquantes, la vie et les aventures de Bod au sein de ce cimetière et au sein de mondes parallèles parfois.
Suite à l’assassinat de sa famille, les fantômes l’accueillent et le
cachent.
Silas devient alors son tuteur, chargé dans
un 1er temps de lui apporter de la nourriture du monde extérieur.
Et puis bien sur, plus les années passent et plus le désir de connaitre
l’extérieur grandit dans la tête du petit garçon… devenu un adolescent comme les autres, mais pour sa sécurité il doit rester entre les murs puisque le tueur de sa famille court toujours et le
recherche inlassablement.
Ce n’est que la seconde
partie du livre qui nous donne les réponses de l’intrigue de départ et avec lui nous fait connaitre l’étrange tueur de la famille de Bod : Jack et surtout la destinée de Bod et ses
enjeux.
Le dénouement est à la fois triste,
mélancolique et tellement dans l’esprit Burton qu’il ne pouvait en être autrement.
J’aime cet univers ou les morts apportent une pierre à l’édifice des
vivants et même si ce livre est à destination « jeunesse » je pense que les adeptes des contes noirs tomberont dedans avec ravissement.
Et puis pour terminer, un coup de chapeau à Albin Michel et sa collection
Wiz pour le livre objet qu’il nous donne ici : un petit bijou, imprimé sur du papier un peu épais. La couverture est belle et mystérieuse.
Et surtout, le livre est illustré au début de tous les chapitres par Dave McKean et c’est juste superbe.
« Le monde des morts est différent parce que ceux qui y sont, ont déjà vécu. »